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Devenu Dakarois, Mayemba
expose parfois à Saly


 
 

Vivre avec des tableaux de maîtres anciens fut longtemps un important choix de vie. La forte personnalité de ces peintres-artisans m’était un nécessaire réservoir de sincérité,
un rempart en quelque sorte et un appui moral quotidien
pour un petit chef d’entreprise confronté aux trente cinq heures
et autres aberrations propres à l'entendement d'un seul cheminot.

Ce rempart pictural n'était pas sans inconvénient
et nous devenions cernés en réalité par un système d’alarme
aussi sophistiqué qu'à la fin exaspérant...
Il fut bientôt résolu de se débarrasser de l’ensemble.
Les délires Aubryesques ainsi évacués,
il suffisait de s’installer au soleil du Sénégal dans un dénuement biblique, tout vrai tableau devenant supperflu.

J’usqu’à la rencontre fortuite de l’oeuvre de Mayemba à Dakar,
mon réparateur de micro était en face de la Galerie Nationale.
Vrais tableaux ou tableaux vrais, la difficulté de lecture - pour l'essentiel - de l'expression picturale contemporaine m’avait souvent déconcerté; adoptant plus volontiers l’adage de Platon selon lequel le beau est la splendeur du vrai.
Quoi de plus vrai qu’un personnage de Mayemba !
L'amour de l’Afrique peut-être aidant dont le peintre , merveilleux coloriste, exalte avec tendresse la beauté quotidienne, Mayemba m'aura d’un coup réconcilié avec la peinture moderne.

Nous étions en Mars 2004 et Viviane Marlière, organisait cette exposition aidée par son mari Yves, ancien Conseiller à la Présidence de la République du Sénégal, Consul Général chargé alors de Mission diplomatique de la République de Hongrie au Sénégal.
L’un et l’autre sont historiens d’art et peintres de talent, Viviane s’exprimant à ses heures de loisirs dans une gamme chromatique contemporaine ; Yves Marlière, indépendamment d’une grande érudition en art premier est plus manifestement impressionné, voire nostalgique de la peinture Hollandaise des XVIIe et XVIIIe siècle qu’il pastiche à s’y méprendre.


Il est temps de lui laisser la parole pour vous parler de Mayemba
,
et avec son autorisation je reproduis ci après ses propos ,
accompagnant le catalogue d’exposition de 2004
à la Galerie Nationale de Dakar...

"Lorsque nous découvrîmes Mayemba dans l’atelier qu’il occupe depuis quelques mois à Dakar, il nous vint immédiatement à l’esprit que l’homme était aller puiser son inspiration à la source de la lumière et d’innovationde l’école de Pont-Aven et, l’évolution aidant,
chez certains impressionnistes de renom.

A y bien regarder, une influence prédominait, celle de Paul Gauguin qui fut l’un des adeptes assidus de cette école et qui finit sa vie dans l’univers coloré de Tahiti.
Portant un regard approfondi, nous y vîmes quelques touches de Van Ghogh et une lumière que le Maître néerlandais avait enfin trouvé dans le sud de la France, comme il s’en ouvrit à son frère Paul dans l’une de ses nombreuses lettres.

La démarche de ses trois peintres est semblable puisque Mayemba, artiste originaire de République Démocratique du Congo peint des scènes de la vie quotidienne, des attitudes, des mimiques des caractères ? Cependant, à l‘opposé de ses illustres aînés, il n’est animé d’aucune contradiction interne, d’aucun tourment dépressif, et ne s’abandonne à aucune inclinaison destructrice.

Il garde une âme résolument africaine, laquelle transparaît dans chacun de ses thèmes, chacun de ses traits, chacune de ses couleurs.
La peinture est pour lui un moyen d’expression
qu’il n’a nul besoin d’expliquer.
Son œuvre est directe, compréhensible, charmeuse. Elle vous traverse le cœur comme une flèche d’Eros et vous entraîne immédiatement dans les abysses de ses pulsions créatives.

Mayemba nous fait partager sa vision d’une Afrique
« haut en couleur » pauvre mais digne, quelquefois inquiète mais jamais désespérée. Il nous rappelle combien cette Afrique est attachante, combien ses filles et ses fils sont souriants et combien ils sont admirables en dépit de leurs difficultés existentielles.

Expurgée de ses démons de la violence, la peinture de Mayemba nous fait oublier les douleurs, les injustices et la misère. Si certaines de ses œuvres dégagent des messages sociaux, elles sont en même temps, porteuses d’espérance car on sent chez cet artiste sans détour, le désir irrésistible d’un monde de sérénité, de paix et de progrès.
Ce sont toutes ces raisons et le talent avec lequel cet artiste accompli s’exprime, qui nous incitent à lui prédire le succès qu’il mérite. Merci Monsieur Mayemba, vous avez virtuellement franchi le seuil du panthéon des grands"
.

Mayemba ma Nkakasa est né
à Lemfu (République Démocratique du Congo) le 19 Janvier 1946, Mayemba effectue ses études primaires à Kinshasa.

En 1960, il entre à la section « peinture » de l’Académie des Beaux-Arts de son pays et obtint après sept années de formation, un diplôme d’humanités artistiques.
 



    Quelques temps plus tard, Mayemba offre ses services à la régie nationale de radio et télévision zaïroise ou il exerce les fonctions de Caméraman dans des émissions culturelles.

Après un stage cinématographique d’un an à la Radio Télévision Belge, il revient au pays en qualité de cameraman en Chef.

En 1976, il réintègre l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, et après trois nouvelles années d’étude, obtient un graduat d’ensemblier décorateur. Chargé de pratiques professionnelles en cette académie, il décide d’accroître ses compétences en s’installant à Bruxelles pour une période d’études supérieures en décoration.

Détenteur de distinctions artistiques internationales, Mayemba n’a cessé de mettre son talent au service de l’art en réalisant de nombreuses œuvres (fresques, peintures, sculptures, céramiques …)

Il a participé en 2002, à la Biennale de Dakar et réside aujourd’hui dans le pays de la Teranga ou il puise une force extraordinaire d’inspiration
."
     
   

Vous trouverez difficilement de grandes toiles de Mayemba chez les Galeristes de Saly qui restent essentiellement des Décorateurs généralistes. Elles ne sont au surplus pas données et beaucoup de maisons de la Petite Côte restent des résidences secondaires épisodiquement soumises à un marché locatif peu compatible avec ce type d’investissement.

Un petite huile sur toile avec nature morte en premier plan (60 x 70cm) vient d' être vendue chez Mara Lam de la Galerie Arc en Ciel , place du Carrousel à Saly ( tel.77 549 21 50 ). Un pastel d’une dimension semblable était affiché à 200 000 cfa.

Lui-même plasticien, Mara Lam prend la peine de joliment encadrer de plus petits tableaux qui pourront prendre l’avion dans une valise. Il propose d’autres petites toiles que vous pourrez aussi trouver à la Galerie Grain de Sel, près SMO. Elles restent à tendre sur un châssis ce qui les rend encore facilement plus exportables .

Les résidents ou les plus convaincus qui feront un déplacement jusqu’à l’atelier du Maître ne seront pas déçus.
Il est évidemment préférable de téléphoner avant à Mayemba,
au 76 595 00 79, Cité Ann Mariste II, Immeuble Y63 à Dakar.

 


Mars 2008
une première huile sur toile de moyen format enfin exposée à Saly
,
près de la Place du carroussel,
chez Mara Lam de la Galerie Arc en ciel...à voir absolument.

 

La Belle et la bête
huile sur toile,
0,80 m. x 1,00 mètre

 
     
           


L'immobilier de la Petite côte
et du Siné Saloum

   
© 03-12 2007 - Jean-Louis Franchineau, Saly