| Sédhiou
est une petite ville d’une vingtaine de milliers
d’habitants sur la rive nord du fleuve Casamance, à une centaine
de kilomètre à l’Ouest de Ziguinchor et autant de
Kolda.
C’est là que naît Fodé Sidibé,en 1977,
dans cette ancienne capitale administrative de la Casamance sombrant dans
l’oubli,
loin de tout, par son éloignement des itinéraires routiers
habituels.
L’activité est aujourd’hui essentiellement agricole,
mais les traces restent visibles d’un comptoir colonial français
fondé au début XIXe, ainsi probablement que la mémoire
plus trouble d’une beaucoup plus ancienne traite portugaise.
Cette
forte emprunte historique,
ainsi que le siège à Sédhiou de plusieurs ethnies
produisent une grande diversité culturelle qui n’échappe
pas à l’acuité du jeune Fodé, bien scolarisé
au demeurant à Sédhiou, puis à Dakar ou il termine
ses études en 1997.
Fodé
Sidibé s’est-il interrogé sur le déclin post
colonial
de sa ville natale ? Sur l’épisode esclavagiste en tout cas,
il n’a aucun état d’âme, persuadé
que l’homme reste simplement esclave de lui même. Il
s’agit pour lui d’une conviction profonde,
devenue même un thème récurant plus ou moins présent
ou décelable dans certaines de ces œuvres... Cela peut aller
jusqu’à l’adjonction de véritables grosses chaînes
oxydées
sur sculpture en bois par exemple
.
De la désinvolture des villageois africains concernant tout lendemain
réputé n’appartenir qu’à d’incertaines
forces obscurs résulte une évidente précarité.
Et Fodé mesure qu’une trop grande dépendance économique
confine à l’esclavage,
quand elle ne le suscite pas, ce qui est pire.
Mais pour être plus proche des modèles occidentaux, la rencontre
avec la vie Dakaroise, n’en parait pas moins contraignante. Aussi
Fodé renvoie t-il dos à dos la passivité villageoise
africaine et la volonté forcené
d’anticiper l’avenir qui serait une autre forme d’esclavage
en ce qu’elle vous empêche de vivre au présent
Aussi
bon dessinateur que coloriste, Fodé Sidibé sait-être
tour à tour ou simultanéement: impressioniste, figuratif,
symboliste, abstrait. Et lorsque j'évoquais
le surprenant manièrisme d'une de ses modernes maternités,
il s'est contenté de sourire, modestement.
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Le
peintre n'a d' ailleurs aucun à priori quant aux signes. Il en a
besoin, il les aime, ils font partie comme matériaux ou pigments
de sa boite à outils et il serait insupportable de se priver de l'
un ou l' autre sous prétexte d' appartenance à une culture.
Caractères romains, arabes, gris-gris ou totems participent indifféremment
et témoignent d'une universelle condition plus facile a appréhender
selon Fodé depuis une grotte...Ce qui le ramène à l'art
rupestre qu'il affectionne, autre lointain témoin: l'art est intemporel. |
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Expositions
:
1998 Banyuls sur Mer,
au Salon d'hiver
1999 Port Vendre,
Saga Africa au Dôme
2000 Collioure
Exposition de la saison estivale
2002
Boulogne sur Mer
semaines de solidarité internationale
2003 Thiès
Salon international des jeunes plastitiens |
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